Des chefs-d’œuvre inédits de Paul Jouve
Mercredi 20 Mai 2026
Deux œuvres magistrales signées Paul Jouve seront proposées lors de cette vente montpelliéraine. Elles proviennent de la collection du filleul de l’artiste et illustrent deux pans de son œuvre : la peinture et la sculpture.

Paul Jouve (1878-1973), Jeune panthère, épreuve en bronze signée sur la queue, titrée et datée 1932, marque du fondeur Alexis Rudier sur la terrasse, 45 x 47,5 x 66,5 cm.
Estimation : 60 000/100 000 €
Au début de l’année 1931, Paul Jouve s’embarque pour un nouveau voyage en Afrique subsaharienne qui va profondément marquer l’artiste et son œuvre. Ce périple était prévu en 1914, mais la guerre avait contrecarré ses projets. En février 1931, il part finalement de Bordeaux direction Dakar. Il parcourt jusqu’en juin une partie de l’Afrique de l’Ouest et en particulier le Niger à la rencontre du peuple touareg. Il va peindre ces hommes dans leur quotidien et les portraiturer comme dans cette toile grandeur nature, située à Tahoua au Niger (reproduite page 124). On y découvre un guerrier à l’impressionnante stature équipé d’un bouclier et armé d’une lance, vêtu d’une longue robe à dominante bleue, la daraa, et le visage dissimulé derrière le tagelmusts afin de se protéger du sable. Seuls ses yeux perçants sont visibles et nous fixent. Dans les archives Paul Jouve, une photographie montre l’artiste dans sa maison du Tholonet devant ce portrait. Le tableau, portant un cachet du Salon des artistes français – probablement de 1932 – et l’étiquette du garde-meuble Médernac — dans le 14e arrondissement de Paris — qu’utilisait Jouve, a été transmis, certainement en cadeau, à son ami Paul Noir, dit Charley, installé en Afrique de l’Ouest, et à son fils Claude, le filleul du peintre. Il est resté jusqu’à ce jour dans cette famille, tout comme l’épreuve en bronze de la Jeune panthère, datée elle aussi de 1932. Seuls trois exemplaires existent de ce modèle, l’un d’entre eux étant conservé au musée des Années trente à Boulogne-Billancourt. Le modèle de cette œuvre est l’une des deux jeunes panthères que Paul Jouve a adoptées au début des années 1930, Toumba, originaire du Gabon. Lorsqu’elles grandiront, il sera obligé de les confier au cirque Medrano. En attendant, il réalise des sculptures d’une grande intimité, aux traces de modelage animant la surface, en quête des moindres gestes et réactions des deux petits félins.

Paul Jouve, Tahoua Niger, huile sur toile signée, titrée et située, 201 x 81 cm (détail). Estimation : 60 000/100 000 € Paul Jouve, Tahoua Niger, huile sur toile signée, titrée et située, 201 x 81 cm (détail).
Estimation : 60 000/100 000 €
dimanche 31 mai 2026 - 14:00 (CEST) - Live
1, rue de la Crouzette - 34170 Montpellier - Castelnau-le-Lez
Farran Enchères
Découvrir l'article sur Gazette-Drouot.com : Gazette Drouot

Paul Jouve (1878-1973), Jeune panthère, épreuve en bronze signée sur la queue, titrée et datée 1932, marque du fondeur Alexis Rudier sur la terrasse, 45 x 47,5 x 66,5 cm.
Estimation : 60 000/100 000 €
Au début de l’année 1931, Paul Jouve s’embarque pour un nouveau voyage en Afrique subsaharienne qui va profondément marquer l’artiste et son œuvre. Ce périple était prévu en 1914, mais la guerre avait contrecarré ses projets. En février 1931, il part finalement de Bordeaux direction Dakar. Il parcourt jusqu’en juin une partie de l’Afrique de l’Ouest et en particulier le Niger à la rencontre du peuple touareg. Il va peindre ces hommes dans leur quotidien et les portraiturer comme dans cette toile grandeur nature, située à Tahoua au Niger (reproduite page 124). On y découvre un guerrier à l’impressionnante stature équipé d’un bouclier et armé d’une lance, vêtu d’une longue robe à dominante bleue, la daraa, et le visage dissimulé derrière le tagelmusts afin de se protéger du sable. Seuls ses yeux perçants sont visibles et nous fixent. Dans les archives Paul Jouve, une photographie montre l’artiste dans sa maison du Tholonet devant ce portrait. Le tableau, portant un cachet du Salon des artistes français – probablement de 1932 – et l’étiquette du garde-meuble Médernac — dans le 14e arrondissement de Paris — qu’utilisait Jouve, a été transmis, certainement en cadeau, à son ami Paul Noir, dit Charley, installé en Afrique de l’Ouest, et à son fils Claude, le filleul du peintre. Il est resté jusqu’à ce jour dans cette famille, tout comme l’épreuve en bronze de la Jeune panthère, datée elle aussi de 1932. Seuls trois exemplaires existent de ce modèle, l’un d’entre eux étant conservé au musée des Années trente à Boulogne-Billancourt. Le modèle de cette œuvre est l’une des deux jeunes panthères que Paul Jouve a adoptées au début des années 1930, Toumba, originaire du Gabon. Lorsqu’elles grandiront, il sera obligé de les confier au cirque Medrano. En attendant, il réalise des sculptures d’une grande intimité, aux traces de modelage animant la surface, en quête des moindres gestes et réactions des deux petits félins.

Paul Jouve, Tahoua Niger, huile sur toile signée, titrée et située, 201 x 81 cm (détail). Estimation : 60 000/100 000 € Paul Jouve, Tahoua Niger, huile sur toile signée, titrée et située, 201 x 81 cm (détail).
Estimation : 60 000/100 000 €
dimanche 31 mai 2026 - 14:00 (CEST) - Live
1, rue de la Crouzette - 34170 Montpellier - Castelnau-le-Lez
Farran Enchères
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