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Un bracelet exceptionnel de la maison Bapst & Falize dévoilé pour la première fois aux enchères

Lundi 25 Novembre 2024


Un bracelet exceptionnel réalisé par la maison Bapst & Falize en 1881 sera dévoilé pour la première fois aux enchères le 23 novembre à Montpellier par la maison Farran. Une pièce unique témoignant du goût pour l’historicisme qui gagne au XIXe siècle les arts décoratifs.

« Ce bracelet est, à notre connaissance, le plus bel exemplaire résultant de la collaboration Bapst-Falize ». Pour la troisième édition de leur vente « Luxe, calme et volupté », les commissaires-priseurs Jacques Farran et Julie Le Brun présentent un petit bijou d’orfèvrerie : un bracelet en or néogothique réalisé par Lucien Falize (1839-1897) et Germain Bapst (1853-1921), un duo joaillier d’exception. « Il était dans la famille de l’épouse de Germain Bapst qui l’avait offert à sa belle sœur pour célébrer la naissance de son neveu , précise Jacques Farran. Il était resté depuis dans la famille et demeure dans un état de conservation exceptionnel ».

Bapst & Falize, un duo joaillier d’exception


Le bracelet est connu grâce à une étude préparatoire réalisée à l’aquarelle et reproduite au catalogue raisonné. Daté de 1881, il marque le début de l’aventure « Bapst & Falize ». Un an plus tôt, Lucien Falize s’associe avec Germain Bapst qui reprend alors les rênes de la maison familiale. « La maison Bapst portait le titre de fournisseur de la Cour et comptait parmi ses clients les banquiers Pereire, la Princesse Laetitia Bonaparte ou encore le tsar Nicolas II et son épouse Alexandra Fedorovna », explique Jacques Farran. Lucien Falize, quant à lui, poursuivait le travail engagé par son père, Alexis Falize, passé maître dans la technique de l’émail. « Les Falize se sont spécialisés dans les techniques de l’émail héritées de l’art byzantin et médiéval que sont les émaux champlevés et cloisonnés » , explique le commissaire-priseur. Lucien Falize démontre ici sa virtuosité avec un bracelet convoquant les techniques les plus raffinées de l’émail. « C’est un tour de force technique ! Il lui aura fallu des dizaines de cuisson au four pour obtenir la palette de couleurs vives et chatoyantes de ce bracelet », admire Jacques Farran.



Lucien Falize (1839-1897) et Germain Bapst (1853-1921). Bracelet articulé réversible en or jaune émaillé polychrome à douze maillons et un maillon additionnel amovible. Long. : 18 à 19 cm (avec ou sans le maillon additionnel) – Larg. des maillons : 2,5 cm – Poids brut : 90,1 g (chaînette de sécurité sans fermoir, possiblement postérieure).

Un hommage au Moyen Âge, l’historicisme dans les arts décoratifs


Considéré par certains comme un précurseur de l’Art nouveau, Lucien Falize convoque avec ce bracelet les styles du passé. « L’historicisme lié au Moyen Âge et à la Renaissance est l’inspiration dominante des objets d’arts sous le Second Empire et la IIIe République. Tant dans la technique que dans l’iconographie, Lucien Falize résume parfaitement et avec excellence ce goût rétrospectif qui gagne les objets d’art. »

Ce bracelet, qui a la particularité d’être double face, arbore sur sa face principale un décor évoquant les amours de Diane de Poitiers et Henri II. « Sur l’avers, on reconnaît le chiffre de Diane de Poitiers aux trois croissants entrelacés, un trophée de carquois, un arc et une trompe de chasse en référence à Diane chasseresse, ainsi que le monogramme d’Henri II », détaillent le commissaires-priseurs. Au revers, des chimères ailées alternent avec des rinceaux fleuris. Notons également la présence d’un maillon additionnel sur lequel, au recto, est inscrit « Charles » et qui accueille, au verso, un phylactère gravé d’une date « 12 février 1881 ». « Peut-être s’agissait-il de la date de naissance de l’enfant, mais nous ne sommes pas parvenus à retrouver cette information dans les archives », précise Jacques Farran.



Une pièce de collection estimée à plus de 30 000 euros


Si une estimation de 30 000 à 50 000 euros est avancée, elle reste indicative. Rappelons qu’un modèle comparable a trouvé preneur autour de 100 000 euros en 2000 à Genève. « Le musée d’Orsay conserve dans ses collections un bracelet en or émaillé de Lucien Falize, mais il n’est pas de cette qualité », précisent les commissaires-priseurs qui attendent pour cette vente des collectionneurs et institutions du monde entier. Il faut dire que ce bracelet, plus qu’un bijou, est un véritable objet de collection destiné à rejoindre une vitrine. « Il intéressera notamment les collectionneurs français, anglais et américains, ainsi que les institutions comme le Victoria and Albert Museum ou le Metropolitan Museum », détaille Jacques Farran. Rendez-vous samedi…

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