Lot 16
[AVICENNE - MANUSCRIT]. Canon medicinae - Incipit liber canonis primo q~ princeps abolaly ab avicena...

[AVICENNE - MANUSCRIT]. Canon medicinae - Incipit liber canonis primo...
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[AVICENNE - MANUSCRIT]. Canon medicinae - Incipit liber canonis primo...

[AVICENNE - MANUSCRIT]. Canon medicinae - Incipit liber canonis primo q~ princeps abolaly ab avicena de medicina edidit translatum a magistro Gerardo Cremonensis in Toleto ab arabico in latinum. Verba Abolay ab Avicena prolo. Fin XIIIe - Début XIVe siècle.
Manuscrit en latin sur peau de vélin de 118 f., lettrines enluminées bleu et rouge sur fond filigrané, initiales rehaussées en bleu ou rouge, rubrication en rouge, réclames manuscrites tous les huit feuillets. Importante glose manuscrite encadrant le texte de la grande majorité des feuillets.
Reliure moderne demi-vélin à coins.

Exceptionnel manuscrit médiéval de l’un des ouvrages de médecine les plus importants au monde. Rédigé peu après l’an 1000, le Canon d’Avicenne est l’ouvrage principal de la médecine aristotélicienne et musulmane. Avicenne, surnommé le Prince des savants, reprend les travaux des grands médecins antiques, dont Galien, Hippocrate et Dioscoride en y ajoutant son expérience personnelle et les travaux de médecins du monde arabe des siècles précédents, notamment Rhazès.
Plusieurs écoles de traduction apparaissent en Europe dès le XIIe siècle, la plus célèbre et la plus respectée est dirigée par Gérard de Crémone à Tolède. Le texte est traduit de l’arabe en hébreu et en latin, où le nom d’Ibn Sina devient Ben Sina en hébreu et Avicenna en latin, et des exemplaires circulent entre les mains des médecins juifs, chrétiens et musulmans du Nord de l’Espagne, du Nord de l’Italie et du Sud de la France.

Tout le Moyen Âge avait lu le Canon d’Avicenne dans la traduction latine faite d’après le texte arabe par Gérard de Crémone à la fin du XIIe siècle. C’est seulement au début du XVIe siècle que cette traduction devait être améliorée par un médecin de Padoue, Andrea Alpago.” (Paule Dumaitre, Histoire de la médecine et du livre médical, pp. 88 et 397, n°32). La ville de Montpellier est un foyer de premier rang de cette opération de diffusion du savoir. Des ateliers de traduction de textes médicaux y sont recensés et l’Université de médecine de la ville, la plus importante d’Europe avec celles de Bologne et de Paris, intègrent le Canon d’Avicenne à son programme en 1340. Notre manuscrit constitue un témoin de premier rang de la diffusion des savoirs médicaux de l’époque. En latin dans la traduction de Gérard de Crémone, il reprend certaines caractéristiques stylistiques des ateliers du Nord de l’Espagne de la fin du XIIIe siècle (voir Cushing/Whitney medical library, Yale University) et du Sud de la France du début du XIVe siècle que l’on retrouve dans les manuscrits de la même période conservés dans les collections publiques françaises (Angers, BM, 0458). L’importance de ce type de manuscrits, source primaire du savoir médiéval, se révèle dans la très riche glose de différentes mains qui encadre presque chaque page et le nombre de manicules. Notre exemplaire a la particularité de présenter quelques ornements à la plume, notamment trois dessins de créatures fantastiques s’apparentant à des chimères entourant les réclames des derniers feuillets des trois premiers cahiers.

L’exemplaire ne comprend que les livres I, II et IV, respectivement consacrés à l’anatomie du corps humain, aux médicaments simples et aux maladies générales, et est incomplet de plusieurs feuillets, à savoir le dernier feuillet du quatrième cahier (fin de la cinquième partie et début de la sixième partie du livre 1), deux feuillets au cahier 8, le feuillet 61 ayant vraisemblablement été laissé inachevé (fin du livre 2 concernant les urines), les cahiers 9 et 10 comprenant 11 feuillets sans réclames, incomplets d’au moins 5 feuillets, incomplet du deuxième feuillet du cahier 13 (livre 4 de curatione febris ), le seizième et dernier cahier composé de 6 feuillets, le dernier inachevé (dernière partie du livre 4). La dernière page du
manuscrit, postérieure et d'une nouvelle main, débute par la première page du traité de Galien "De malitia complexiones diverse" et demeure également inachevée.
La variation du vélin, des réglures, de la mise en page et de l’ornementation indiquent que plusieurs mains sont intervenues dans la réalisation de ce manuscrit, ou que certaines parties ont été remplacées ou réécrites par des contemporains, peu de temps après la réalisation de l’original, notamment pour le cahier 4 comprenant 7 feuillets, dont les lettrines ne sont pas rehaussées ou sont simplement peintes en rouge, et pour les cahiers 9 et 10.

(incomplet de plusieurs feuillets, inscriptions manuscrites anciennes partiellement effacées
sur les gardes, numérotation moderne au crayon ne tenant pas compte des manques au bas des
feuillets, gardes doublées avec petits manques, trace de grattage au contreplat, salissures,
tâches, rares délavements et effacements, marge supérieure découpée au premier feuillet du
cahier 15, manques naturels au vélin sans manque de texte aux feuillets 1,3, 11, 13, 18, 22, 24, 27, 37, 42, 43, 44, 58, 59, 60, 68, 75, 80, 85, 88, 91, 111, très légers trous parcourant le volume, plus importants aux feuillets 55 et 117, restaurations anciennes aux feuillets 8 et 72, charnière intérieure fendue).

Provenance:
- Inscription manuscrite partiellement effacée sur la garde d’un possesseur ancien, datée 1474 mentionnant laboro et estudio .
- Inscription manuscrite difficilement lisible, probablement Je mande que soist et
baille pardevans nous trèshonoré seigneur hault et que [...] [?].
- Ex-libris Paulinier-Fontenille, fils aîné.
- Ex-libris Louis Baumel.

Expert: Monsieur Nicolas Asvisio.

Estimation : 20 000 € à 30 000 €