Lot 58
Jules SCHMALZIGAUG (1882-1917).
Terrasse à Scheveningue.
Pastel et fusain sur papier signé en bas à...





Jules SCHMALZIGAUG (1882-1917).
Terrasse à Scheveningue.
Pastel et fusain sur papier signé en bas à droite.
La Haye, 1915-1917.
Haut.: 24 - Larg.: 39 cm à vue
Provenance:
Collection de l'arrière petite nièce de l'artiste, toujours demeuré dans la collection familiale.
Bibliographie:
Peter J.H. Pauwels, Jules Schmalzigaug, 1882-1917, Ludion et Galerie Ronny van de Velde, 2020, reproduit pp. 316-317.
Né à Anvers en 1882, Jules Schmalzigaug se forme à l’Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, à l’Académie des Arts de Karlsruhe, puis lors d’un voyage en Italie de neuf mois en 1905. A Paris entre 1910 et 1912, Jules Schmalzigaug poursuit ses études et rencontre les peintres Lucien Simon et Emile René Ménard. Dans l'intervalle, il participe pour la première fois au Salon des Indépendant de 1911. L’exposition des futuristes italiens en 1912 à Paris est pour lui un véritable choc artistique. Frappé par l’œuvre de Gino Severini, Umberto Boccioni et Giacomo Balla, il assiste à une conférence de Filipo Marinetti, fondateur du mouvement. Il va alors s’installer à Venise, où il peint notre vue du pont du Rialto.
Via le prisme des futuristes, Schmalzigaug est un des premiers artistes belges à s’affranchir de la figuration. Il abandonne la perspective et définit la forme par la couleur tout en exaltant la représentation de la lumière et du mouvement. En 1914, c’est la consécration, six de ses toiles sont présentées à l'exposition international du futurisme Esposizione Libera Futurista Internazionale à Rome.
De retour aux Pays-Bas, isolé par le conflit mondial, il se réfugie dans sa peinture et dans la théorie des couleurs du physicien Ogden Rood. Notre Nature morte aux anémones et iris nous frappe par son dynamisme chromatique. Le peintre joue des oppositions de couleurs et des petites figures géométriques pour retourner à la figuration. En 1916 Umberto Boccioni meurt et c’est le début de la tourmente. Très affecté, Jules Schmalzigaug sombre dans la dépression. Il met fin volontairement à sa vie en mai 1917 à 34 ans. Aussi prolifique que désespéré, c’est durant ces dernières années qu’il réalise nos trois pastels prouvant que son talent de coloriste et la vivacité de son coup de crayon demeurent intacts.
Estimation : 5 000 € à 8 000 €

